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Mes yeux se sont ouvert sur une immense plage de sable fin, à perte de vue, vers un horizon au ciel chargé de nuages rouge derrière lesquels un soleil matinal tente de les percer et se mettre à nu afin de réchauffer ce lit immense sur lequel je repose.Sur le dos, appuyé sur mes coudes recouverts de bleus, comme un peu partout sur la surface de mon corps d' ailleurs, je contemple l' océan infini, sur lequel, il y a encore quelques heures, marchait un navire immense qui devait emporter des milliers de gens, qui aux Amériques, qui sur d' autres îles autrement plus peuplées que celle sur laquelle j' avais échoué.A force de le faire ce rêve, celui de me retrouver isolé sur un carré de terre inhabité, voilà que j' étais exaucé.

Un peu partout sur la plage, comme plantés de façon désordonnée par un jardinier un peu fou, de larges morceaux de bois et de métal, provenant sans aucun doute possible du navire qui pourtant quelques heures auparavant avait fière allure, trônaient là, comme seuls témoins de l' incroyable mésaventure que moi et beaucoup d' autres venions de vivre.Contrairement à beaucoup des passagers qui composaient la totalité des voyageurs, je fuyais une existence austère qui s' était muée pour un temps en un rêve extraordinaire pour finir en un cauchemar halluciné...Une histoire qui aurait pu être comme celles que l'on découvre dans les contes pour enfants, " il était une fois ", mais qui aurait pu se terminer dans la rubrique faits divers de journaux à sensation.


Décidé à retrouver d' hypothétiques survivants, je me suis levé avec difficulté, un peu secoué par l' impression de vide immense que me procurait cette vision d' un monde sauvage dans lequel la civilisation n' avait pas encore mis les pieds.Ma première crainte fut d' être blessé, alors, m' époussetant de ce sable qui s' insinuait dans chacun de mes pores, je m' assurais qu' il n' en était rien et fut soulagé de constater que je ne portais sur moi, à part quelques vêtements en lambeaux , que quelques égratignures. Ensuite, la peur d' imaginer me voir confronté à des corps sans vie échoués plus loin sur la plage me prit à la gorge dans une impression de malaise qui très vite laissa place à une angoisse plus terrible encore, celle de me retrouver seul...

"Dis moi quel est ton prénom, existes-tu réellement? Pourquoi es-tu apparue dans ma vie? Pourquoi avons nous partagé tellement de jolies choses? Pourquoi avons-nous fait tant de projets pour que tout finisse par se détruire?Réponds-moi s' il te plait.Ne serais-tu donc qu' une simple image qui se serait imposée à moi pour combler une vie d' errance dans laquelle je n' arrivais plus à me retrouver?"

Lorsque je me suis réveillé de cette absence, mon visage était planté dans le sable, les pieds dans l' eau, les bras largement ouverts tel un Christ de pacotille dont le chemin de croix ne faisait que commencer...

# Posté le jeudi 21 septembre 2006 00:36

Modifié le jeudi 21 septembre 2006 04:33

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